Atelier du 12 octobre 2011

Publié le par ecritureenpartage

sculpteurConsignes :

- Ci-dessous une vingtaine d'amorces de textes (incipits de romans d'Agatha Christie).

1) Inventer une histoire en incluant le plus grand nombre de ces phrases.

2) Des personnages émergent de ces textes, faites-les dialoguer entre eux.

 

  • Voilà qui n’était plus de son âge
  • Cette phrase flotta dans l’air calme de la nuit
  • La journée s’annonçait banale
  • Il se produisit un silence, un silence angoissant
  • L’auto passa sur le pont du chemin de fer et tourna dans un chemin de campagne
  • Elle en éprouva comme un sentiment de sécurité
  • Il releva le col de son par-dessus et, d’un pas vif, se mit à arpenter...
  • La visiteuse eut un haut-le-corps d’indignation
  • Elle est extrêmement jolie et tout à fait incapable de prendre quoi que ce soit au sérieux
  • « Je regardai par la fenêtre et je l’ai vue rentrer »
  • Je me réjouissais à l’avance du plaisir et de la stupéfaction que provoquerait mon arrivée
  • Une odeur d’encaustique flottait dans l’air, mêlé à un fumet de cuisine
  • A six heures treize exactement, ce vendredi-là, ses grands yeux s’ouvrirent sur une nouvelle journée.
  • « Mais, répondit-elle très vite, ça ne me déplait pas du tout ! »
  • Dissimulant mal un sourire, il ne me répondit pas tout de suite
  • Ils ne tarderaient pas à rentrer des obsèques
  • Deux hommes étaient assis dans une pièce meublée dans le style moderne
  • Elle marchait devant lui, portant les fleurs qu’elle venait de cueillir
  • Reculant jusqu’à la route, elle considéra le panneau fraîchement peint qu’elle venait d’accrocher à la grille
  • « Vous n’avez pas idée de ce qu’elle peut casser, c’est insupportable »
  • Un vieil homme aux vêtements déchirés faisait les cents pas sur le trottoir opposé

 

                                                      Texte créé par Mari-France B.

 

A six heures treize exactement, ce vendredi-là, ses grands yeux s’ouvrirent sur une nouvelle journée. Elle s’annonçait banale. Rien de bien passionnant à faire aujourd’hui pensa-t-elle. Ah, si : peindre le panneau « A vendre » et aller l’accrocher bien en vue. Ce fut sa première tâche de la journée. Les mains encore salies par la peinture, elle alla jusqu’à la grille, l’ouvrit et installa son panneau. Reculant jusqu’à la route, elle considéra le panneau fraîchement peint. Restait à attendre les éventuels visiteurs.

 

Il releva le col de son par-dessus et d’un pas vif se mit à arpenter l’allée jusqu’à la porte d’entrée qu’il cogna fermement. A vendre. Ce panneau l’avait interpellé. Il avait vécu là enfant. Les souvenirs tragiques lui revenaient.

Une auto passa sur le pont de chemin de fer et tourna dans un chemin de campagne. Il se produisit un silence, un silence angoissant. Enfin la porte s’ouvrit. « Elle est extrêmement jolie » pensa-t-il. Une odeur d’encaustique flottait dans l’air, mêlée à un fumet de cuisine. Il en éprouva comme un sentiment de sécurité.

Elle le fit entrer et la visite commença. Les souvenirs lui revenaient par vagues, le mettant mal à l’aise. Dans la cuisine il se souvint de sa mère criant : « Vous n’avez pas idée de ce qu’elle peut casser, c’est insupportable ! ». La bonne n’avait qu’à bien se tenir. Ces mots étaient les prémices d’un renvoi imminent. Une de plus, une de moins, il n’avait même plus le temps de s’attacher à ces jeunes femmes qui lui apportaient tant de tendresse. Certes, il n’avait jamais été battu, mais l’indifférence de sa mère était pire que des coups. Et quand elle se jeta dans le puits de la cour, il n’eut aucun chagrin. La veillée s’organisa et il n’eut pas une larme. Il dit du haut de ses 10 ans que ce n’était plus de son âge. Une visiteuse en eut un haut le corps d’indignation !

Lui et son père avaient quitté cette maison sans regret, sans se retourner peu de temps après les obsèques.

 

Et voilà qu’aujourd’hui, après tant de chemin, le hasard l’avait fait retrouver ce passé enfoui.

 

                                                                                 ***

 

 

                                                       Texte à quare mains, avec Jérôme C.

 

http://www.histoire-fr.com/images/circe.gif


 

Soudain, il eut une intuition. Il luis sembla reconnaître cette femme qui le recevait. Etait-ce Eléa, la magicienne qui avait enchanté son adolescence ?

Comment en être sûr ? Il ne voulait pas paraître ridicule.

« L’environnement est-il plaisant ? Beaucoup d’endroits à visiter ? » demanda-t-il.

« C’est un endroit fantastique, surtout si vous avez des enfants ? »

il esquiva la question et s’approchant de la cheminée dit : « Il y fait sombre comme dans une grotte, avez-vous une torche ? »

La question lui arracha un sourire.

« Rien à craindre, nous  n’avons ni souris, ni oiseau maléfique, ni viverne, pas même le moindre dragon… » Elle laissa sa phrase en suspend.

Cette réponse le conforta dans son soupçon. Comme par magie, cette femme était Eléa. Mais l’avait-elle reconnu ?

Il décida de laisser durer le suspens. « Pas de dragon, quel dommage ! J’ai connu une magicienne qui aimait les pourchasser ! »

 

Elle éclata de rire, un rire joyeux et les adultes qu’ils étaient devenus se retrouvèrent, reprenant leurs rêves d’adolescents.

 

                                                                              ***

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Jérôm 06/11/2011 18:17




La traque



La  journée s’annonçait banale, en tout cas pour tout autre qu’eux deux. Il faut dire que partir à la chasse au Dragon Rouge n’était pas une mince affaire, pour qui que ce soit.

Mais ils s’étaient portés volontaires, lui pour la récompense, elle pour la gloire.

Siméon ajusta une nouvelle fois son baudrier, et lui demanda nerveusement :

“- Te sens-tu prête, magicienne ?”

Elle en approuva comme un sentiment de sécurité : il avait beau être guerrier, elle n’en était pas moins aussi courageuse que lui.

“- Je n’ai jamais été aussi prête, déclara-t-elle, nous devrions y aller avant que le Soleil ne soit pas trop haut.”

Il lui emboîta le pas quand elle quitta l’auberge, leur refuge.


Un vieil homme au vêtement déchiré faisait les cent pas sur le troittoir opposé.

“- Dame-oiselle, n’ayez crainte, je ferais un rempart de mon corps, si ce gueux cherchait à vous importuner, déclama Siméon d’une voix forte.

- Il n’y a rien à craindre, c’est sans doute un espion du Roy. Votre galanterie ne sera pas mise à l’épreuve. Mais, ajouta-t-elle très vite, cela ne me déplait pas du tout.”

Laissant l’homme, ils s’enfoncèrent dans le village accablé de chaleur.


Enfin ils arrivèrent à l’orée des champs.

“- La grotte est tout en haut de la colline, Dame Eléa. Ne vous sentez-vous pas trop fatigué pour ce périple ?

- Me crois-tu de sucre, Siméon ?”

Dissimulant mal un sourire, il ne répondit pas tout de suite.

“- Je n’oserais pas, tout de même...”


Mais il avait raison, c’était un long chemin pour une magicienne. Elle était extrêmement jolie et tout à fait incapable de prendre quoique ce soit au sérieux. Bientôt, elle ne marchait devant
lui, portant les fleurs qu’elle venait de cueillir.

Siméon, lui, restait perpétuellement aux aguets. Leur survie dépendrait peut-être de sa vigilance.


“- C’est ça, la grotte ? demanda-t-ell, visiblement déçue.

- Eh bien, oui, il faut croire...

- Et un Dragon Rouge pourrait vivre dans une si petite grotte ?

- Ma foi, je n’en connais pas d’autres. Mais nous pouvons toujours faire demi-tour.”

Avec Eléa, le défi fonctionnait toujours, elle s’engouffra dans l'anfractuosité. Il se produisit un silence, un silence angoissant.

“- Tu as raison, concéda-t-elle, l’entrée n’est guère large, mais ça a l’air de s’enfoncer très profondément. Tu as prévu une lampe torche ?”

Cette phrase flotta dans l’air calme de la
grotte.

“- Ah zut, je savais bien que j’oubliais quelque chose...”


Ils firent demi-tour, s’installèrent au soleil, puis partagèrent quelqu