Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 22:20

Jeune homme à sa fenêtre

(Jeune homme à sa fenêtre, Gustave Caillebotte)

 

Edmond ne se lassait pas de la vue : la rue passante, à la fois pressée et indolente, hautaine et populaire, jeune et vieille. Le parfait résumé de la vie elle-même.


- Mais où vont-ils donc, tous ces gens ? Le nez en l’air ou les yeux dans le caniveau, ils vont bien quelque part, non ?
- Je crois qu’on peut dire qu’ils vont chez eux, ou qu’ils en viennent. C’est l’un ou l’autre en fait. Tu n’es pas d’accord, Edmond ?

Edmond ne répondit pas, il ne se donna même pas la peine de se retourner vers son interlocuteur. Lionel avait déjà vues des statues plus vivantes, et même pour certaines, plus affables.

Un crieur de rue s’époumonnait là en bas : “les Dernières Nouvelles en Direct du Sénat ! La Science au Chevet de la République ! En page centrale, tous les détails sur la Révolte des Ecrivains !”

Edmond se renfrogna mais son regard ne quitta pas pour autant le fleuve bigarré de la rue.

- Les écrivains ont toujours un ego sur-dimensionné, c’est bien là tout le problème !
- Mais... je veux dire... Toi aussi, tu es écrivain, non ? l’interrogea Lionel.
- Ma foi oui, ou en tout cas, je l’ai été. Mais j’ai ceci de plus qu’eux : moi je sais rester humble. Et il vaut mieux, au vu de la tâche qui m’attend.
- Je vois. Alors, c’est bel et bien décidé, ils vont te recevoir ? Officiellement ? Dans la bouche de Lionel, ce mot était lourd de sens.

Edmond ne répondit pas plus cette fois, mais il tendit à un Lionel un lourd feuillet aux armes de la République.

- Mazette, lâcha Lionel malgré lui.
- Tout a commencé alors que je n’avais pas même dix ans...
- Quoi ? Mais de quoi parles-tu au juste Edmond ?

Edmond indiqua le papier officiel.

- Cette décision, Lionel, sera incomprise. J’espère que tu en es conscient. Et je ne cherche pas à me justifier, mais je voulais que quelqu’un puisse raconter l’histoire, toute l’histoire...
Et il laissa ce mot en suspens.
Lionel se demanda ce qu’il pouvait y avoir de si intéressant, là, en bas, dans la rue. Peut-être qu’il voulait juste éviter son regard ?

-Et donc, tu as pensé à moi. Bon élève, bon journaliste, mais assez mauvais ami pour être objectif ? Je me trompe ?
- Je n’ai jamais dit que tu étais bête, Lionel. Dès lors que tu surveilles ton ego, bien sûr...

Lionel préféra ne pas relever. A cet instant, la curiosité l’emportait largement.

- Admettons : que t’est-il arrivé à dix ans ?
- Alors que je n’avais pas même dix ans, justement. J’ai écris ceci : ce sont nos yeux qui forgent nos réalités. Il avait mis une certaine emphase dans ces mots.
- Humm, je vois. J’imagine que c’est profond... ou bien creux. C’est l’un ou l’autre en fait. Tu n’es pas d’accord, Edmond ?
- Ne blasphème pas, Lionel ! Après tout les journalistes ne sont que des pisse-lignes. En somme des écrivains ratés. Mais pas de disputes, je n’ai pas le temps pour ça... Approche de la fenêtre, et regarde. Regarde les donc... D’après toi que voient leurs yeux ? Que sont donc leurs réalités ?

Lionel se pencha vers les flots bruyants.
- Je l’ignore, Edmond. Personne ne peut le savoir...
- Moi, je le sais, et c’est pour ça que le Sénat va me recevoir... Les gens, la populace j’entends, ne voient plus rien. Ils se laissent bercer par la mauvaise littérature. De vulgaires romans de gare. Ils ont perdu tout libre-arbitre, leur réalité est un mensonge !

Lionel était abasourdi. Il ne reconnaissait plus son ancien ami.
- Ne dit pas de sottises. Et déjà, combien savent seulement lire ?
- Fort peu, c’est vrai, mais ceux-là guident tous les autres, bien sûr. Tu es assez journaliste pour le savoir.
- Mais quand bien même ! Que veux-tu y faire ?
- Nous devons mettre à bas toute cette mauvais littérature, et tout recommencer depuis zéro ! C’est ce que je dirais tout à l’heure au Sénat.
- Es-tu fou ? Tu brûlerais tout Victor Hugo ?
- Oh pas moi, Lionel, mais oui quelqu’un devra bien le faire ! Cette décision sera incomprise, je le sais bien. C’est pour ça que j’ai besoin de toi...

Edmond était toujours penché, à observer la rue. Lionel se dit qu’il n’aurait qu’une chance. Une chance de faire basculer l’homme qui voulait faire basculer l’Histoire.

Par Jérôme - Publié dans : mots et propositions, textes... - Communauté : ateliers d'écriture
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 16:21

Consigne : faire vivre un personnage de tableau... Edward-Hopper--summertime-1943.jpg

 Edwards Hopper : Summer time 1943

Depuis ce matin, Virginie est vraie une boule de nerfs. Elle voudrait être un peu plus vieille de quelques heures. Elle virevolte devant le miroir de l’entrée dans sa légère robe de plumetis, d’un bleu si pâle, si rafraichissant par cette canicule. Après maints essayages, elle a opté pour celle-ci, presque transparente, qui laisse deviner sa silhouette sexy.
Est-ce que je vais lui plaire ? se demande-t-elle en posant un chapeau de paille sur sa chevelure qui rutile comme du cuivre. Elle s’approche du miroir et envoie à son reflet un petit baiser... Elle se sent belle en dépit du regard désapprobateur que lui jette sa vieille tante rabat-joie. Évidemment, elle est jalouse, aigrie, elle lui envie sa jeunesse, sa beauté, sa fraîcheur et son beau fiancé...
Il a télégraphié hier qu’il passerait la prendre au début de l’après-midi. Il a l’intention de l’inviter à la terrasse du meilleur glacier de la ville. Elle a déjà très envie d’une glace au citron... Joyce lui a susurré qu’il avait une chose très importante à lui dire, qu’il avait hâte de la prendre dans ses bras, de se noyer dans son regard limpide, de baiser ses lèvres...
Il est déjà quinze heures... Virginie fouette les plis de sa robe et se regarde encore dans le miroir, sur la pointe des pieds, de profil, de trois-quarts.
Elle croit reconnaître le bruit d’un moteur, elle se précipite pour la troisième fois sur le perron. C’est un taxi qui file vers le port... Elle s’apprête à retourner dans la fraîcheur de la grande maison, lorsqu’elle est soudain saisie par un parfum capiteux, le parfum des grosses fleurs blanches des magnolias du square, en face... Elle hume cette fragrance sensuelle... Elle sait instantanément que toute sa vie elle associera ce parfum d’été à Joyce, Joyce Summerman, le fougueux fiancé qu’elle a rencontré en accompagnant sa tante chez une amie, à Long Island...
Il se trouvait dans la grande villa mitoyenne. Et tandis qu’elle entendait jacasser les deux vieilles dames en baillant d’ennui, elle observait par la baie vitrée cet homme impeccable dans son costume crème. Une musique jazzy sortait à flot des grandes portes-fenêtres. Il se tenait immobile et songeur, presque triste au bord de sa pelouse et regardait le fleuve, en fumant.  Elle s’est levée :
—    Vous permettez, Tante, j’ai envie de me mettre un peu au soleil.
—    Vous allez attraper une insolation !
—    Mais non ! Ne vous en faites pas pour moi !
Virginie était sortie en riant et il l’avait entendue. Aussitôt, le masque accablé sur le visage de Joyce s’était mué en une expression de surprise éblouie. Elle avait eu l’impression d’incarner une merveilleuse apparition. Une étrange douceur l’avait envahie : du miel coulait dans chacune des veines de son corps.  Pendant un instant qui lui avait semblé durer un siècle, ils restèrent unis par le regard. Était-ce cela un coup de foudre ?
Il avait athlétiquement franchi le mur pour l’étreindre fougueusement derrière des bosquets de lauriers-roses. Ils avaient échangé quelques mots...
Il lui avait déclaré qu’il s’ennuyait dans sa grande villa luxueuse. Il avait gagné une fortune en jouant en bourse et les intérêts de ses investissements suffisaient à financer sa vie dispendieuse et toutes les fêtes qu’il donnait.
Mais il lui avait confié, à elle, et à personne d’autre, que son plus grand désir serait de vivre tout simplement avec la compagne de ses rêves dans une cabane en rondins, loin du bruit et de la fureur des fêtards pique-assiette.
Elle avait trouvé que la cabane en rondin, c’était une perspective terriblement romantique... à condition que la cabane soit bien confortable et qu’elle puisse faire du shopping de temps à autre.
—   Comme tu es charmante, avait-il déclaré, en notant son numéro de téléphone.
Depuis, il l’avait appelée chaque jour.

Quinze heures trente... Pas de Joyce à l’horizon. Elle commence à s’inquiéter.  Chaque bruit prend des proportions assourdissantes : le clic-clac des touches de la machine à écrire de sa tante qui a laissé sa fenêtre ouverte, les roucoulements des pigeons dans le square, une sonnerie lointaine, la sirène lugubre d’un paquebot quittant le port...
Et soudain... les ululements d’une ambulance qui surgit et file, gyrophares allumés, vers les faubourgs où se trouve l’hôpital...
Son cœur cesse de battre, elle sait, elle sait déjà que Joyce est dans ce véhicule hurlant et clignotant. Elle en est sûre parce qu’il n’aurait jamais supporté de la faire attendre – à moins d’avoir eu un accident – parce qu’il l’aime, parce qu’il était si impatient qu’il a roulé trop vite. Il a fait une embardée, son visage si séduisant s’est écrasé contre la ferraille... il est en train de perdre son sang, de perdre la vie...
Virginie enfouit son visage dans ses mains et s’affaisse sur les marches du perron, secouée tout entière par un énorme chagrin. N’avoir connu de l’amour que cette brève promesse quand un avenir de bonheur se profilait devant eux, jeunes, beaux, riches... Elle se voit, devenue vieille fille, époussetant la poussière autour du cadre contenant la photo jaunie de son bel amour de jeunesse, auquel elle serait restée fidèle sa vie entière. Elle le voit, dans l’ambulance, en train d’agoniser, murmurant son prénom...
Elle n’entend même pas la Torpédo qui arrive doucement, en glissant le long du trottoir et stoppe devant le perron. Brisée de désespoir, elle ne voit pas le beau Joyce sauter par-dessus la portière de la décapotable, s’approcher en se pavanant un peu, un bleuet à la boutonnière, un petit écrin enrubanné à la main, rieur, les dents étincelantes, imaginant que Virginie, le visage caché dans les mains, le fait marcher...
—    Hello ! Baby ?
—    Joyce ! Tu es vivant ! s’écrie-t-elle, en tombant dans les pommes.

 

Claudine Chollet

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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 15:36

Caillebotte.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Nom du personnage: Paul

Nom de l'amie invisible: Marguerite

 

Vue: roseaux le long de la rive - autres canots - Paul - les gouttelettes de transpiration sur le front de Paul - le haut-de-forme emprunté à un ami fortuné

 

Ouïe: clapotis des rames - appels des canotiers - rires des enfants qui jouent sur les berges - cris des poules d'eau - grincement régumier des rames - souffle court que tente de dissimuler Paul

 

Goût: cuisses de grenouille qui seront servies au déjeuner - goût des éclaboussures d'eau

 

Toucher: bois du canot - eau qui glisse sur la main - dentelle de la capeline qui menace de s'envoler - vent qui effleure le visage - le frois du diamant que Paul a offert à Marguerite

 

Odorat: odeur de la rivière - transpiration du rameur - odeur de bois du canot - effluves du panier pique-nique

 

 

 

Dialogue

  • Mon cher Paul, n'êtes-vous pas las de ramer ?
  • Marguerite, vous m'offensez ! J'ai été classé parmi les meilleurs rameurs de l'université.

  • Je ne voulais pas vous fâcher, mon bon ami. Mais vous êtes tout tremblant et votre front humide.

  • C'est l'émotion de l'instant présent, ma chère. Rien de plus.

  • Que vous êtes romantique Paul. Avoir fait votre déclaration dans ce canot, quelle imagination. J'ai cependant craint un instant que vous passiez par dessus bord.

  • Marguerite, sachez que je maîtrisais parfaitement la situation même si mon équilibre pouvait vous sembler précaire.

 

 

Narration

 

      En ce premier jour de l'été, l'air résonnait des grincements de rames des canots, des cris des poules d'eau et des rires des enfants qui jouaient sur les berges. Paul et Marguerite avaient réussi à semer le chaperon de cette dernière et s'étaient empressés de grimper dans un canot.

Arrivés au milieu de la rivière, isolés du reste des badauds du dimanche, Paul s'était levé, avait pris un écrin dans sa poche et mis le genou sur le fond du canot.

  • Marguerite, voulez-vous me faire l'honneur de devenir Mme Paul ?

      Marguerite qui retenait sa capeline pour éviter qu'elle s'envole, de surprise, lâcha cette dernière et se jeta au cou de Paul, ce qui fit vaciller dangereusement le canot.

Blottis dans les bras l'un de l'autre, ils attendirent que le bateau se stabilise pour permettre à Marguerite d'ouvrir l 'écrin. Un magnifique diamant était niché sur du velours bleu et les rayons du soleil qui en frappaient les facettes, créaient de multiples petits arcs-en-ciel.

  • Oh Paul, il est magnifique, mais la dépense est considérable. Vous êtes fou mon cher ami.

  • Marguerite, ne soyez pas bassement matérialiste. Répondez-moi plutôt.

  • Oui, Paul, c'est avec joie que je deviendrai votre femme.

       Plein d'enthousiasme, Paul se leva derechef et lança son haut-de-forme qu'il ne rattrapa pas et que le courant emporta.

  • Sacrebleu ! Louis ne me pardonnera jamais d'avoir perdu son haut-de-forme.

  • Souquez Paul, nous pouvons encore sauver le précieux chapeau.

      La transpiration perla bien vite sur le front de Paul et le canot prit de la vitesse. Marguerite laisser tomber sa main dans l'eau dans l'espoir de saisir le haut-de-forme que Paul avait emprunté à son ami plus fortuné.

       Enfin, l'objet fut récupéré et mis en lieu sur au fond du bateau.

  • Mon cher Paul, n'êtes-vous pas las de ramer ?

  • Marguerite, vous m'offensez ! J'ai été classé parmi les meilleurs rameurs de l'université.

  • Je ne voulais pas vous fâcher, mon bon ami. Mais vous êtes tout tremblant et votre front humide.

  • C'est l'émotion de l'instant présent, ma chère. Rien de plus.

  • Que vous êtes romantique Paul. Avoir fait votre déclaration dans ce canot, quelle imagination. J'ai cependant craint un instant que vous passiez par dessus bord.

  • Marguerite, sachez que je maîtrisais parfaitement la situation même si mon équilibre pouvait vous sembler précaire.

 

 

 

 

 

 

Par ecritureenpartage
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 15:31

          Il y avait quelqu’un, une forme humaine, en grande partie dans l’ombre. Cette constatation lui coupa le souffle, tant l'effroi le saisit. Il était moins une: un pas de plus et il était fait comme un rat. Richard prit une longue respiration pour calmer son cœur qui cognait très fort dans sa poitrine. Puis, il se concentra sur cette silhouette qui restait sans bouger dans l'ombre du grand chêne. A son grand soulagement, il s'aperçut que la forme humaine n'était en fait qu'une statue qui se dressait à l'entrée du mausolée et qui semblait monter la garde. Il était trop peureux, il allait devoir s'endurcir, ne serait-ce que pour ne pas pleurer lorsque ses camarades le bousculaient. En effet, ayant hérité de son grand-père maternel sa petite taille et son aspect frêle, il ne pouvait compter que sur son esprit vif et malicieux pour s'adapter aux situations périlleuses.

          Il se décida à approcher à pas de loup en scrutant régulièrement autour de lui. Lorsqu'il s'avéra que le silence pesant qui régnait dans le cimetière n'avait rien de menaçant, il s'enhardit à avancer jusqu'à l'entrée de la tombe. La lumière rassurante de sa lampe torche balaya la grille qui empêchait l'accès au tombeau, mais après quelques manipulations, il vint à bout de la vieille serrure rouillée. Il descendit dix marches avant de pénétrer dans la salle principale où reposait les restes de son lointain ancêtre, boucanier de son vivant. D'après les indications retrouvées dans un journal de bord qui moisissait au fond d'une vieille malle dans le grenier, il devait y avoir un accès pour une petite pièce secrète. Là, il trouverait la carte du trésor du Marquis de Maintenon1, ancien noble reconverti dans la piraterie et qui avait détroussé nombre de navires anglais et espagnol dans les Caraïbes, avant de s'acheter une conduite en devenant gouverneur de Marie-Galante.

          Le trésor avait vraisemblablement était caché à la suite de l'échouage du navire du Marquis, la Fontaine d'Or, au large d'Isla Margarita. Le Marquis était rentré en France, à Nantes, où il possédait une propriété et qu'il avait légué à l'ancêtre de Richard, pour ses bons et loyaux services en tant que second sur la Fontaine d'Or.

          Il avait pris soin d'emporter avec lui une bougie et une boîte d'allumettes. Il alluma cette dernière et se mis à ausculter les murs de la salle à la recherche d'un souffle d'air. Arrivé au troisième pan de mur, la flamme de la bougie vacilla. Excité, il entreprit de tâtonner les petits bas-reliefs. Un clic se fit entendre en même temps que le raclement lourd de pieds qui descendaient les marches... il souffla aussitôt la bougie et éteignit sa torche, tremblant à l'idée de se faire surprendre là.

 


1Marquis de Maintenon 1648-1691 1672-1676 France Noble français devenu boucanier aux Caraïbes, il vendit son château et son titre à Madame de Maintenon.

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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 15:28

 

Je réfléchis sans raisonner

ni beau, ni laid,

je suis muet et ne peut répondre

à la femme qui vient se mirer.

Mon tain est brillant

mais je suis sans fard,

je côtoie la jeunesse et la vieillesse

et de cette dernière, je révèle les faiblesses.

On me hait mais suis indispensable à la coquette.

Nul n'est jamais passé de l'autre côté,

du moins, personne qui ne soit revenu témoigner.

Me briser apporte le malheur, dit-on...

Qui suis-je ?

 

 

Mon cartable de prof

devant la cheminée allumée

1984 août 18 heures

temps gris et maussade

mépris

 

 

En ce jour d'août 1984, vers 18 heures, il faisait gris et maussade. Jusqu'à ce jour, la météo avait été clémente et ensoleillée comme se devait de l'être un mois d'été.

L'humidité de cette soirée nous avait conduit à faire un feu et nous étions réunis devant la cheminée allumée pour traiter par le mépris cette aberration climatique.

Le cartable de prof de papa était resté à terre dans l'entrée et témoignait, sombre présage, des bouleversements à venir dans nos projets de vacances : la rentrée scolaire.

Par ecritureenpartage
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